Ce soir, j’ai été à l’Opéra Garnier voir les Enfants du Paradis, chorégraphie de José Martinez.Et j’ai fait une chose que je n’avais, je crois, jamais faîte : je suis partie à l’entracte.
Je comprends l’admiration que porte Martinez au film de Marcel Carné et je la partage, ô combien ! Mais paralysé par cette admiration, il s’est contenté d’illustrer le film séquence par séquence. Comme la première partie se déroule en divers lieux, il a inventé des éléments de décors déplacés au gré de “l’action” pour signifier le Boulevard du Crime, le Théâtre des Funambules et ses coulisses, la pension où vivent Frédéric et Baptiste, le cabaret où Baptiste retrouve Garance etc, etc.
Pas une mauvaise idée au demeurant, mais au bout d’un moment on ne voit plus que ça : ces morceaux de décors qui bougent, déplacés par les danseurs et au milieu de tout cela, un peu de danse, chorégraphie bien pauvre et qui ne met en valeur personne. La musique de Marc-Olivier Dupin est agréable et les costumes d’Agnès Letestu très beaux, mais tout ça pour ça !
C’est une des meilleures compagnies au monde ! Bien sûr, dans certains répertoires , ce n’est pas forcément ça, mais là, une chorégraphie faîte pour eux par quelqu’un de la maison ! C’est exaspérant ! Je pense qu’il faut vraiment savoir trahir les œuvres parfois, plutôt que de rester englué dans ce “mot à mot”.
A l’entracte j’ai longuement hésité à partir, je déteste l’idée, mais j’ai vraiment eu l’impression de perdre mon temps et puis le visage et la voix d’Arletty m’ont trop manqué !
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c’est dit et c’est bien dit!! tu as raison de t’insurger…et tu as surement eu raison de partir!
J’aurais tellement voulu être éblouie ! Comme dans le film.